Toutes les couleurs du bis N°2: Charles Bronson , le justicier du cinéma


Qui l'eût cru ? A l'heure du tout numérique, des blogs et des réseaux sociaux, le fanzinat continue d'être le véhicule privilégié de la passion. Après un numéro un consacré à l'escalade des monts Fenech, épuisé en deux semaines (bande d'obsédés va!), «Toutes les couleurs du Bis», le fanzine du Sieur Erbisti (Stéphane de son prénom), édité par Sin'art, revient hanter les nuits blanches du cinévore déviant.  Un numéro deux qui fleure bon l'expédition nocturne et punitive, les poils de torse et l'eau de Cologne puisque entièrement consacré à Charles Buchinsky, impassible monolithe du cinéma Bis, que nous connaissons mieux sous le nom de Charles Bronson...

Une excursion qui débute par une plongée d'une grosse quinzaine de pages richement illustrées dans la vie et la carrière de la plus belle paire de moustaches de l'histoire du cinéma. On y découvre par exemple les origines lituanienne de Bronson, ses débuts presque anonymes sur grand écran, avant qu'il ne croise Roger Corman, indiscutable catapulte à talent qui lui offre le rôle titre de «Machine gun Kelly» en 1958. Dès lors, Bronson campe tour à tour l'indien, le cow-boy, le  Boxeur et le  dur à cuire, devenant une représentation cinématographique de la virilité. Un symbole phallique vivant qui traversera quelques unes des plus belles pages du cinéma populaire (Il était une fois dans l'Ouest, Les sept mercenaires, La grande évasion) avant de devenir au beau milieu des années 70 le bras armé et vengeur du cinéma d'exploitation. Son surplus de testostérone en bandoulière,  Bronson s'enferme dans les rôles de justicier, chantant les louanges de l'auto défense et les bienfaits de la loi du talion sur l'autel du Bis. Le prêche est, certes, un poil répétitif, mais le public communie en masse...





Un petit détour par les filmos de Madame Bronson (Jill Ireland) et de J. Lee Thomson (le réalisateur avec qui Charlie a le plus tourné) et voilà que le brave Stéphane nous invite au marathon cinématographique, se transformant en véritable mitraillette à review. Une distribution de bastos qui débute en 1954 par L'aigle Solitaire, western produit sous le giron de la Warner pour se terminer en 1999 par le troisième et dernier volet de «Family of Cop». Ici pas de condescendants travellings littéraires, ce qui faisait le charme du N°1 de Toutes les couleurs du Bis est là … Si le niveau d'érudition de l'auteur ne fait aucun doute, sa plume sait rester accessible et l'impression de partager l'intimité de carnets de visionages d'un vieil ami domine la lecture. Résultat des courses, chaque fiche donne furieusement envie de mettre la main (et surtout les yeux) sur les pépites exposées. (d'où l'expression consacrée: Mr Erbisti, votre carte bleue ne lui dit pas merci...).


Ce voyage en  68 pages se termine sur une filmo complète et une photographie de la tombe de Bronson dont l'épitaphe «I AM NOT HERE, I DID NOT DIE» (Tiré d'un poème de Mary Elizabeth Frye) sera sans doute remplacé dans la mémoire des cinéphiles  par «Il cause peu mais qu'est ce qu'il flingue!». Pari éminemment réussi que ce second numéro de  «Toutes les couleurs du bis» . Ne reste plus qu'à attendre le mois d'octobre (quelle torture !), que l'auteur effectue à sa façon son devoir de mémoire en s'attelant au sulfureux dossier de la Nazisploitation.



Toutes les couleurs du bis est commandable sur le site de Sin art : http://www.sinart.asso.fr/toutes-les-couleurs-du-bis-02-28923 au prix de 7€  (Livraison en 24/48h) et trouvable ( pour un temps sans doute très limité, la chose partant comme des petits pains) du côté de chez Movies 2000, Le kiosque de la liberté, Ciel Rouge, Les films de la Gorgone, Gotham...

Rectificatif: Sans surprise le n°2 est épuisé du côté de chez Sin Art. Un nouveau tirage est prévu pour octobre. il vous reste encore la possibilité de l'acheter en boutique.

Toutes les couleurs du Bis
Fanzine 66 pages - Format A5
Blog : http://touteslescouleursdubis.blogspot.fr/
FaceBook: http://www.facebook.com/pages/Toutes-les-Couleurs-du-Bis/