House trap : Critique et test DVD


Une fois n'est pas coutume, nous débuterons cette modeste chronique en vous présentant nos plus plates et sincères excuses. Il se trouve qu'il y a quelques mois dans nos colonnes numériques, nous annoncions l’atterrissage vidéastique de «House Trap» en produisant un synopsis n'ayant strictement aucun rapport avec le film de Mark Ezra. N'ayant pu déterminer sous l'emprise de quelle substance illicite et/ou hallucinogène, un de nos rédacteurs bénévoles ait pu se rendre coupable d'une telle hérésie, nous avons arbitrairement divisé leur salaire par deux (note de la correctrice: déjà que c'est peu!). Oui c'est vache, on sait... Mais on rigole pas avec les résumés de films chez Ecranbis.com. Soyez-en rassurés, la chose a depuis déjà quelques semaines été réparée et nous nous sommes promis de nous rattraper sur la sortie effective de la dite pépite. C'est chose faite.


Fruit d'un partenariat entre Factoris Films (Ex Editions Emylia) et un des nos sites confrères, la collection «Avenue de l'horreur» s'enrichit d'un cinquième titre. Après Sutures, Devil Seed, Punishment et Sang Plomb, c'est au tour de «House Trap» de taquiner les platines des cinéphiles les plus déviants de l'hexagone. Annoncé depuis belle lurette, reporté, le Zone 2 débarque début décembre dans vos vidéostores préférés. Au menu, un descente aux enfers carabinée, format "Found Footage", par le réalisateur d'une péloche 80's presque culte (Slaugter High) et 84 minutes de vidéo surveillance.

On s'y attache au destin, évidemment éminemment tragique, d'un gentil petit couple d'américains ayant eu la très mauvaise idée d'échanger pour quelques mois leur belle villa californienne contre un manoir anglais en décrépitude. (Mais quelle idée !) Il faut dire que Matt, scénariste de métier compte puiser dans la grisaille ambiante de quoi affiner le scénario d'un film d'époque. Il ne sera pas déçu car les propriétaires des lieux, la famille Wilson, a oublié de préciser que le service de maison tenait moins de la chambre d’hôte que du Dead and Breakfast. Un maniaque rode, hache en main, sac sur la tête … à la cave, au grenier et au salon. Comme c'est charmant !


On ne vous fera pas un dessin, House Trap fait à peu près tout sauf la promotion de l'house swap et de l'home exchange. Il faut dire qu'on s'étonnait presque que le cinéma de genre, si prompt à explorer de nouveaux territoires sociétaux, ne se soit pas encore penché sur cette pratique à la mode. "Basé sur une histoire vraie !" surenchérit la jaquette (Si on te le dit mon Jean-Pierre...C'est que c'est vrai). On aurait volontiers misé notre paye sur l'attribution de l’œuvrette à un jeune cinéaste désargenté. Mais surprise, son réalisateur n'est pas un complet inconnu sur les terres cinéphiliques du Bis. Mark Ezra, outre sa collaboration au scénario du "Riders" de Pirès, est surtout connu pour avoir commis pour le compte de ce coquin de Dick Randal, un micro classique des 80's : Slaughter High aka Le jour des fous (avec Caroline Munroe, quand même).


On se calme et on boit frais, comme dirait l'un des maîtres du Bis à la française, House Trap, réalisé plus de 25 ans plus tard, opte pour un mode narratif beaucoup plus actuel. Beaucoup trop, ajouteront les mauvaises langues. Ce nouvel et inattendu effort se cramponne en effet à la mode du cinéma vidéo surveillé et du film de vacances détourné. Le procédé économique en tout point (narratif, réalisationnel) souffrant depuis quelques années d'une exploitation forcenée, on s'aventure dans cette petite heure et demi avec une motivation, confessons-le, assez relative. Pas d'activités paranormales en vue, mais une menace à mi chemin entre "Friday the 13th" et "People under the stairs". Un bel exemple d'hybridation des genres, même si ici le propos formel se montre formidablement conventionnel. Autosurveillance de la chambre à coucher, de la salle de bain, du salon puis de la  chambre à coucher, du salon, de la  salle de bain , le tout entrecoupé de témoignages face caméra censés faire partie d'un journal de bord.

Le résultat, tout sauf prétentieux et finalement pas désagréable, est loin de casser des  briques mais mérite le (petit) coup d'oeil, au moins pour son ambiance et la jolie Evie Brodie, malheureusement trop habillée. Messieurs les cinéastes , rendez-vous compte, un film d'horreur sans un bout de téton qui dépasse , parole de bisseux, c'est impardonnable ! C'est criminel !



Le disque :

Factoris films offre à House Trap une édition DVD simple mais joliment torchée. Master plein cadre 1.77 à la compression honnête. Un mixage français Dolby Digital 5.1 et deux mixages anglais (Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1). On vous conseille bien sûr de vous tourner vers la version originale même si le "Dub" n'a ici rien de scandaleux. Les anglophobes seront heureux d'apprendre que des sous-titres français sont à disposition.  Seul bémol : Un absence totale de bonus en dehors d'une copie digitale offerte ( Illimitée Mac & PC).