Bad Channels: critique et test DVD ( Import UK)



Ça ne chôme pas chez nos cousins d'Outre Manche en ce premier trimestre 2014. L'éditeur Londonien 88 films, qui vient juste de déterrer deux sympathiques productions «Band» du début des années 90s ("Robot Wars" et "Dr Mordrid"), continue de défricher le catalogue de la Full Moon et ajoute le «Bad Channels» de Nicolaou et l'«Arcade» d'Albert Pyun à son tableau de chasse. Deux excellentes nouvelles pour les DVDvores français puisque ces deux titres sont toujours scandaleusement inédits en DVD dans l'hexagone et malheureusement bien partis pour le rester. Faudra-t-il sacrifier sa carte bancaire sur l'autel ensanglanté du dieu import le 17 mars prochain. Ecranbis livre ses premiers éléments de réponse...


En 1985, Ted Nicolaou signe sans doute (comprendre: à mes yeux) l'une des plus trippantes bobines de Empire Pictures. Tourné en Italie, dans les studios que Band vient de racheter à Di Laurenti, Terrorvision conte les mésaventures d'une famille de banlieusard un tantinet échangistes et libertins, partis pour découvrir les joies de la TV par Satellite. On ne sait pas trop où monsieur avait pointé son antenne (peut être vers la lune de madame), en tous les cas l'installation flambante neuve leur permit de recevoir des signaux d'un autre monde et, très accessoirement, à un alien glouton de se matérialiser dans leur salon. 

N'y voyez nullement une digression (une de plus,) de votre rédacteur préféré car de la toute fin des années 80 au tout début des années 90, les productions de Monsieur Band, bien que déjà étiquetées «Pleine lune» ont encore l'arrière goût des recettes d'Empire Pictures. Dr Mordrid/Dr Mortalis , Robojox/Robot Wars, Laserblast 2/ Deadly Weapon. Reprises de volée, recyclages, suites pas très assumées. Bonne idée d'un jour, bonne idée toujours ? Charly optimise, rentabilise, exploite le moindre concept sorti de son imagination débordante. 



Le lien entre «Terrorvision» et «Bad Channels» ne sera pas trop difficile à établir. Tout commence dans les entrailles de l’Amérique profonde, un bled au bord du monde et fatalement un pied dans le vide, une station de radio locale spécialisée dans la Polka ayant l'autre bien mauvaise idée d’émettre sur la fréquence 666. Mais on ne se joue pas impunément du folkore de l'Europe centrale et de la numérologie satanique. Attiré par ces mélopée dissonantes et ces rythmes sautillants, un ovni (certes réduit pour cause budgétaire à sa plus lumineuse expression) ne tarde pas à faire son apparition au dessus des studios. Il s'en extrait un extraterrestre à tête de chou accompagné d'un robot de space opérette. 

Au grand dam de Dan O'Dare, animateur tendance rock'n' roll fraîchement recruté pour renouveler l'audience, ce voisin galactique entend prendre le contrôle de la grille des programmes et par la même occasion faire des ravages chez les auditrices les plus fidèles. (Il faudra au passage un jour qu'on m'explique la fascination qu'exerce sur la gente féminine les DJ, ces pousseurs de disques gueulard et sourds d'une oreille...). Après modification de l'émetteur, notre animateur "from outer space", se trouve ne mesure d'aspirer quiconque cale ses écouteurs sur la fréquence interdite.


Pire, les pauvres victimes se retrouvent miniaturisées dans des simili tubes à essai. (Rappelant les créations du Dr Pretorius dans «La fiancée de Frankenstein»). Mince alors, enlever de si jolies filles pour ne même pas en abuser sexuellement. Ces extra terrestres n'ont vraiment aucunes bonnes manières. Dites-donc messieurs les Aliens, vous n'avez qu'à nous dire qu'elles ne vous plaisent pas nos femmes, tant que vous y êtes. Non mais ! Quel toupet, je vous jure ! Le mode opératoire vaut aussi quelques lignes de description, puisque la dématérialisation et le transport sous forme de fréquences de nos jolies pépées, se trouve précédée de l'apparition impromptue d'un groupe de rock poussant la victime au bord de la transe, voire du strip tease. Surréaliste ! Il en faudra cependant plus pour décourager Dan O'Dare qui non seulement tente de garder l'antenne envers et contre tout. Mais de plus, espère bien délivrer une jeune et belle journaliste Tv venue tout droit de la ville pour l'interviewer. 


L'idée du script dont il est pour une fois difficile de contester l'originalité, que dis-je, le non conformisme, aurait sans grande surprise germé dans l'esprit malicieux de Band pour en être extraite et couchée sur le papier par un certain Jackson Barr. ("Subspecies", "Seed People", "Future cop 2"). Et c'est un fidèle de Charly, Ted Nicolaou qui est chargé de mettre en image notre drame musical et ufologique. Le résultat pelliculaire embarque une vidéo jockey célèbre de la chaîne musicale MTV, Martha Quinn, dans une aventure vidéastique désargentée mais charmante. On savourera le ton délicieusement SF 50's/60's du propos, l'apparition d'un monstre végétal rappelant de loin l'Audrey 2 de "La petite boutique des horreurs" , sans oublier la dimension clippesque et fatalement très 80's du métrage. Souvent décrié, ce « Bad Channels » vaut assurément un revisionnage d'urgence… 


Notes  : Ne zappez pas avant la fin du générique, une petite surprise y attend les indécrottables fans de Dollman !

Le disque :

Bad Channels nous parvient dans un master 4/3 à l'image des plus honnêtes accompagnée d'un seule et unique piste en langue anglaise originale. Évidemment l'absence d'option francophone (pas de sous titres non plus) risque de refroidir un peu les fans français, mais on concédera que dans le cas de «Bad channels», la portée des dialogues ne devrait pas poser de problèmes de compréhension. Dans la coffre à bonus, la traditionnelle salve de bandes annonces éditeur (88 films Trailer park ), la bande annonce originale du film et n'oublions pas le numéro de Vidéozone «Behind the scene». Disponible à la commande sur Amazon.co.uk sous la barre des 10 livres. Un indispensable pour les adorateurs du dieu Charles Band !